Cotation des pièces de monnaie

Comme n’importe quel produit, les prix des pièces sont soumis à la loi de l’offre et de la demande. L’offre fait référence à la disponibilité des pièces – combien sont disponibles actuellement? Combien de pièces particulières ont été frappées? La demande fait référence au nombre de collectionneurs à la recherche de telle ou telle pièce. Beaucoup de pièces rares sont très demandées car de nombreux collectionneurs souhaitent qu’elles fassent partie de leurs collections. Les prix augmentent quand les pièces ne peuvent pas à déplacées à leurs niveaux actuels, et augmenteront tant que les demandes courantes ne seront pas atteintes. Il y a cependant des cas où les prix sont au-delà de l’influence des demandes du marché. Par exemple, lorsque l’acheteur ou le vendeur n’est pas informé des prix et des tendances actuelles.

Ce sont les collectionneurs de pièces et les investisseurs qui dictent les demandes actuelles. Les revendeurs représentent également la demande. Ils ont besoin de vendre les pièces de leurs inventaires afin d’en tirer un profit. Les revendeurs vendent leurs pièces aux collectionneurs au détail alors qu’ils achètent en prix de gros. Pour tirer un profit, les revendeurs achètent moins cher que le public ou les autres collectionneurs et investisseurs. Ainsi, vous devez être conscient que si vous décidez de vendre vos pièces à un revendeur, vous n’obtiendrez pas le profit que vous espériez. Vous pouvez certainement rechercher d’autres collectionneurs et investisseurs et ignorer les revendeurs. Mais, il vous sera difficile de trouver un acheteur pour une pièce que vous vendrez. Si vous êtes un acheteur, vous devez aller vers quelqu’un d’informé et qui puisse vous remettre une garantie de l’authenticité de la pièce que vous achetez. Ce sera certainement un revendeur. Vous devriez néanmoins éviter tout revendeur qui ne connait manifestement pas ce qu’il vend.

N’importe quelle pièce vaut ce que vous êtes prêt à payer. Mais quel est le juste prix ? Il faut prendre en considération plusieurs facteurs lorsque vous établissez le prix que l’acheteur acceptera et considèrera comme le plus juste.

En dehors de ce qui est mentionné ci-dessus sur l’offre et la demande, vous devez également prendre en compte les facteurs suivants :

· Identification – pays d’origine, valeur nominale, date et marques de frappe, si elles n’y figurent pas, la conception. Si la pièce n’a pas de valeur nominale, cela peut être un jeton ou une médaille.

· Authenticité – doit être établie par un expert, elle est obligatoire pour les pièces rares.

· Position – l’état de conservation général de la pièce, pièce frappée (nouvelle) ou mise en circulation (utilisée).

· Nettoyage et autres dommages de la pièce – la pièce ne doit pas avoir été altérée par le nettoyage ou le polissage, la corrosion ou les rayures.

· Estimation de sa valeur – la valeur des métaux précieux qui composent la pièce.


Le processus de frappe des pièces de monnaies

Les pièces sont des produits en métal. Pour les fabriquer, un certain nombre d’étapes complexes doivent être suivies, depuis la préparation des barres de métal brutes à l’actuelle frappe des pièces. Les informations suivantes sont les étapes simplifiées du procédé de frappe.

Etape 1: Flan ou ébauche

L’atelier de monnaie achète des bandes de métal d’environ 33 cm de large (13 inches) et de 45.72 cm de long (1,500 feet) pour fabriquer le nickel, la pièce de 10 centimes, le quart, le demi-dollar et le dollar. Les stries viennent par l’embobinage. Chaque bobine est envoyée dans une presse qui frappe l’extérieur, arrondit les disques que l’on appelle les flans. La bande en trop, appelée le cordon, est coupée et recyclée (pour fabriquer le centime, l’atelier de monnaie achète des flans prêts à être poinçonnés, après avoir fourni du cuivre et du zinc aux fabricants).

Les flans sont des planchettes, des rondelles de métal prêtes à être frappés. Ils ne sont pas encore passés par les étapes nécessaires du processus. Les pièces n’y ont pas encore été frappées.

Une "planchette" est la fonte dans laquelle le flan est embouti, et qui est passée par les étapes nécessaires, prête à être frappée.

Ces flans sont généralement plus larges que les pièces terminées et ont leurs bords rugueux appelés les crampons, qui sont enlevés aux étapes suivantes du processus.

Planchettes ou Flans

Etape 2: Recuit, Lavage et Séchage

Les flans sont chauffés dans un four afin qu’ils soient ramollis. Par ce traitement thermique, ils deviennent malléables. Puis, ils sont lavés et séchés. L’embobinage de finition et les opérations d’enveloppement leur permettent de durcir. Ils sont chauffés, à des températures contrôlées jusqu’à 760°C (1400°F).

Ce procédé, appelé le recuit, ramollit leur structure métallique afin que l’on puisse les travailler plus facilement. Comme le flan est frappé sous une pression plus basse, la durée de vie des pièces en est prolongée.

Le processus de recuit cause quelques décolorations aux flans. Pour les retirer, les flans sont trempés, les uns contre les autres, dans un bain chimique. Puis ils sont séchés sous air chaud artificiel, certains d’entre eux sont envoyés à l’unité de crénelage.

Etape 3: Crénelage

Puis, les flans corrects passent par l’unité de crénelage. Cela enlève une bande autour de leurs bords. Le moulin de crénelage est fait d’une roue rotative, qui a un sillon sur son bord et qui ajuste le flan vers une section recourbée ayant sa propre cannelure. Par ce procédé, le bord est rehaussé. Il est alors taillé, formé pour mieux entrer dans la presse. Les bords sont durcis pour éviter toute fuite de métal entre la partie opposée du flan et son col.

Etape 4: Frappe

Enfin, les flans sont envoyés dans la presse de frappe. Là, ils sont poinçonnés avec les représentations et les inscriptions officielles leur permettant de devenir les pièces de monnaie authentiques des Etats-Unis.

Etape 5: Inspection

Les opérateurs des presses utilisent des verres grossissant pour contrôler chaque fournée de pièces récemment frappées.

Etape 6: Comptage et Mise en sachet

Une machine automatique de comptage, comptabilise les pièces et les envoie dans de larges sacs. Les sacs sont scellés, chargés sur des palettes et emmagasinés dans des coffres-forts par chariots élévateurs. Les nouvelles pièces sont alors acheminées par camion aux banques de réserve. De là, elles sont expédiées à votre banque locale !


Histoire des pièces de monnaies Américaines

Les pièces de monnaie de l’époque moderne américaine ont vu le jour dans le secteur privé. Les entreprises privées produisaient quelques flans de monnaie et planchettes (fonte dans laquelle est embouti le flan) ainsi que d’autres matériels que l’Atelier de frappe américain leur achetait.

Le congrès américain valida l’Acte de monnaie par la création de l’atelier de frappe américain en 1792, appartenant au Département du Trésor américain. Avant cela, beaucoup de monnaies étrangères et coloniales étaient utilisées. La nouvelle loi décrétait une monnaie nationale localisée à Philadelphie, la capitale à ce moment-là

L’atelier de monnaie américain est en charge de la fabrication, la vente et la protection de la monnaie du pays et des avoirs financiers. Cette institution produit entre 14 et 28 billions de pièces en circulation et depuis 2004, 65 à 80 millions de pièces ont été frappées quotidiennement.

Seules les pièces frappées par l’atelier de monnaie américain sont acceptées comme monnaie américaine légale. Tous les matériels utilisés pour la production des pièces américaines, sont achetés par des fabricants commerciaux.

L’atelier de monnaie américain a déjà réalisé le flan de la pièce de 1 centime mais produit les flans des pièces de 5 centimes et l’habillage des tranches faites dans un alliage de cuivre et de nickel.

Le procédé de fabrication de toutes les appellations est généralement le même. Cependant, les pièces de 10 centimes, les quarts, les demi-dollars et les dollars traversent le processus appelé "moulage" qui marque ces pièces de petites stries. Ces stries découragent le rabotage illégal ou le découpage du métal précieux dans les pièces d’or ou d’argent. Il n’est plus aussi indispensable aujourd’hui, mais il est effectué en déférence à un processus ancien, qui date de l’époque coloniale. Cela permet également aux handicapés d’identifier les pièces.

Par la loi actuelle, les mentions obligatoires de pièces en circulation aux Etats-Unis sont les inscriptions suivantes "Liberté" ("Liberty"), "En Dieu nous croyons" ("in God, we trust"), "Etats Unis d’Amérique" ("United States of America"), "Un à partir de plusieurs" ("E Pluribus Unum" : la devise et le sceau officiel des Etats-Unis d’Amérique), y compris l’appellation de la pièce et sa date d’édition. La devise "En Dieu, nous croyons" a été invariablement utilisée depuis 1909 sur la pièce de 1 centime, et depuis 1916 sur la pièce de 10 centimes. Depuis le 1er Juillet 1908, toutes les pièces en or et les dollars américains, les demi-dollars et les quarts de dollar portent cette inscription.


Débuter sa Collection de Monnaies

Alors vous voulez commencer une collection de monnaies ? Félicitations ! C’est un loisir passionnant, au carrefour de l’histoire, de l’archéologie et de la bijouterie, qui a en lui-même beaucoup d’histoire et qui fut nommé le « loisir des rois ». Et, contrairement à de nombreux autres, il peut même vous rapporter un peu d’argent si vous achetez et revendez les bonnes pièces au bon moment. Il convient cependant, et dans ce loisir plus que dans d’autres, de faire attention à certains écueils pour ne pas se tromper dès le démarrage. Suivez le guide pour bien débuter sa collection de monnaies.

Comment détecter les fausses pièces

Si vous êtes un collectionneur de monnaies débutant, et que vous ne voulez pas engager de trop fortes sommes dans votre nouvelle passion, il y a assez peu de chances que vous ayiez à faire à de fausses pièces conçues délibérément pour vous tromper. De telles pièces sont en général créées par des faussaires expérimentés qui reproduisent les meilleures pièces du marché, celles qui sont les plus chères et les plus cotées, et accessibles uniquement aux plus passionnés des numismates – et aux plus fortunés.

Néanmoins, acheter une fausse pièce est un véritable danger pour les amateurs, notamment parce que leur maîtrise technique est encore insuffisante pour bien distinguer les pièces, et il convient de suivre quelques règles.

Tout d’abord, si vous achetez en ligne (sur Ebay ou Price Minister par exemple), faites attention de n’acheter qu’à des vendeurs de confiance. Pour vérifier si un vendeur est de confiance sur Ebay, il suffit de regarder son nombre de ventes, sa note globale et les commentaires de ses clients. Vous pouvez acheter en toute confiance aux  vendeurs avec plus de 95% d’évaluations positives.

Si vous achetez dans des bourses de monnaies, à des vendeurs ou des particuliers, il convient d’être vigilant. Souvent, les fausses pièces se distinguent par leur mauvaise qualité, elles sont ternes ou au contraire brillent trop. Elles sonnent aussi différemment lorsqu’elles sont frappées contre d’autres pièces. Elles pèsent également moins lourd de quelques dixièmes de grammes, mais il faut une balance précise (et connaître le poids exact des vraies pièces !) pour le détecter.

Fausse pièce de 2 Euros Véritable pièce de 2 Euros

La pièce de gauche est beaucoup plus terne, et beaucoup plus usée. Elle est fausse. Les fausses pièces sont généralement faites de métal de mauvaise qualité qui ne résiste pas très bien au temps. Notez aussi la moins bonne intégration de la pièce centrale dans la couronne (protubérance sur tout le pourtour).

Mais il est plus facile de vous faire avoir si vous débutez. Le mieux est donc de vous faire aider par un ami si vous en connaissez un de plus expert que vous. Vous pouvez aussi prendre une photo et la poster sur un forum de numismates, les experts qui le fréquente pourront généralement vous dire si la pièce est véritable ou pas uniquement à partir des photos. Et surtout dites vous que le bon sens prévaut ici comme dans les autres domaines de la vie : ce qui est trop beau pour être vrai est souvent vraiment trop beau pour être vrai.

Comment manipuler des pièces

Lorsque vous achèterez vos premières pièces, vous serez probablement très excités et voudrez sans doute les toucher. Dans l’idéal, il ne vaut mieux pas les manipuler, mais si vous y tenez absolument, surtout prenez-les toujours pas la tranche. C’est très important, car la moindre rayure ou même la moindre empreinte digitale peut endommager ou salir votre pièce et ainsi faire baisser sa valeur – y compris à vos propres yeux !

Évitez également de les nettoyer. N’écoutez pas ceux qui vous disent de le faire, à moins que ce ne soit des experts reconnus : cela aurait toutes les chances d’endommager la pièce et lui faire perdre de la valeur. Au pire, vous pouvez laisser tremper une pièce d’or quelques jours dans de l’huile d’olive ou de l’eau savonneuse pour faire partir des taches. Mais le mieux, comme toujours, si vous avez réellement besoin de nettoyer une pièce est de confier ce travail à un professionnel.

Essayez de les conserver sur une surface douce comme du velours, et de les protéger, avec un couvercle de verre ou de bois ou dans des classeurs spécialement conçus pour les collections de pièces.

Comment les pièces sont classées

En France différentes échelles sont utilisées pour déterminer la qualité et la valeur de la pièce, mais la plus connue est la suivante, de la plus belle à la moins belle qualité de pièce :

  • Belle Épreuve (BE) ou Flanc Bruni (FB, Suisse), le niveau de conservation le plus élevé, avec un relief mat et le fond comme un miroir. Les pièces sont conçues pour les collectionneurs, frappées avec ces coins neufs, et sont mises sous scellées dès leur production.
  • Fleur de Coin (FDC) ou Brillant Universel (BU). Ce sont de pièces frappées en séries limitées et non mises en circulation.
  • Splendide (SPL). Pièces normales, mais non mises en circulation.
  • Superbe (SUP). A partir de ce niveau, les pièces ont été mises en circulation.
  • Très Très Beau (TTB)
  • Très Beau (TB)
  • Beau (B).
  • Médiocre (M). A partir de ce niveau, il est considéré que les pièce ne sont pas dignes d’être collectionnées, sauf pièces rares ou très anciennes.

Rejoindre un Club

Comme pour beaucoup de passions et de loisirs, rejoindre un club permet de prendre contact avec d’autres personnes passionnées par la même chose que vous, qui vous permettront d’apprendre rapidement les bases du "métier" et ne pas vous lancer sans filet. La Fédération française des associations numismatiques propose sur son site web les coordonnées de centaines de clubs. Il y a de fortes chances pour qu’il y en ait un près de chez vous. Renseignez-vous.


Monnaies Féodales

Les monnaies féodales sont une partie importante de la numismatique médiévale, mais elles ne couvrent pas toute la période du Moyen-Âge, qui s’étend du Vème au XVème siècle. On considère que les monnaies féodales Françaises ont été émises du XIème au XVème siècle, période pendant laquelle le féodalisme s’est développé, a atteint son apogée, puis s’est lentement éteint.

Toute cette période se caractérise, jusqu’à l’apparition de la mécanisation de la frappe à la Renaissance, par une frappe artisanale et manuelle des pièces : chaque pièce est frappée à la main et est donc unique. Une caractéristique de cette époque est aussi l’attachement que portait la population à la valeur intrinsèque des pièces – liée au métal précieux dont elles sont faites – plutôt qu’à leur seule valeur fiduciaire.

Féodalité

On ne peut étudier les monnaies féodales sans les remettre dans le contexte historique de l’époque, et sans comprendre notamment la féodalité en elle-même. La féodalité se caractérise en effet par une autorité politique centrale très faible. Le pouvoir politique, lié à la possession territoriale, est morcelé en de nombreuses unités imbriquées les unes dans les autres. Typiquement, il s’agit de principautés – grossièrement semblables à nos régions actuelles – et morcelées en de nombreux fiefs, possession de territoires accordées par un suzerain à son vassal, lequel lui doit en retour aide et hommage. Il peut y avoir de nombreuses relations hiérarchiques au sein d’une principauté, avec parfois des relations réciproques – des nobles étant à la fois suzerains et vassaux l’un de l’autre. Ainsi, du roi jusqu’aux vavasseurs – vassaux des vassaux – il peut y avoir 5 degrés hiérarchiques :

  • Le Roi
  • Le Duc
  • Les Barons
  • Les Seigneurs
  • Les Vavasseurs

Ce morcellement extrême s’est mis en place suite aux pressions des raids Vikings et Sarrasins, raids éclairs qui jouaient sur la mobilité et rendaient inutile une puissante armée royale centralisée. Dès lors, la défense se faisait localement et les guerriers capables d’assurer la protection de la population alentours, notamment en les abritant dans leur château en cas de pillage, acquirent un pouvoir politique et financier, ceux-ci se substituant à un roi lointain et impuissant.

Émergence de la Bourgeoisie

A partir du XIIIème siècle, le développement des villes entraîne l’émergence d’une classe nouvelle, en plus des trois ordres médiévaux – guerriers, paysans et prêtres ; les bourgeois,  centrés sur l’artisanat et le commerce.  Les Capétiens n’ayant pas d’administration suffisante, et voulant limiter la puissance des fiefs féodaux, accordent de nombreux droits et privilèges aux villes qui deviennent de véritables sources indépendantes de pouvoir politique et financier, et peuvent battre monnaie.

Conséquences sur les monnaies féodales

  • Apogée de la féodalité

Ce pouvoir politique extrêmement morcelé a donné lieu au morcellement du droit de battre la monnaie. Du Xème au XIIème siècle, de nombreux seigneurs se le partage, de même que certaines autorités ecclésiastiques – des abbayes notamment – et des villes.

Pendant cette période, la monnaie principale est le denier, contenant une quantité d’argent qui varie en fonction du lieu et de l’époque, lui-même divisé en oboles ou mailles, pièces pauvres en métaux précieux. D’un endroit à un autre, ces deniers ont des poids différents, allant généralement de 1 à 1.5 gramme, et leur valeur n’est donc pas la même.

Les monnaies féodales de cette période se caractérisent donc par une extrême variété et une qualité très inégale, en fonction de l’atelier de frappe où elles sont conçues. Certains seigneurs n’hésitent d’ailleurs pas à s’arroger le droit de battre la monnaie, ajoutant d’autant plus à la confusion. Néanmoins, les pièces sont relativement stables dans le temps, les seigneurs ne souhaitant pas faire de modifications trop brusques et trop visibles.

 

Denier de Provence - XIème siècle

Denier de Provence – XI ème siècle

Typiquement, chaque ville, principauté et de nombreux fiefs avaient leur propre monnaie, souvent copiée sur celle du voisin ou du suzerain, mais n’ayant pas toujours la même valeur ni le même poids, et se différenciant par des modifications plus ou moins subtiles. Cette époque était l’âge d’or des changeurs.

  • Déclin de la féodalité

A partir du XIIIème siècle et de l’arrivée de Philippe Auguste sur le trône, le pouvoir royal raffermit peu à peu son autorité, étendant son territoire et contrôlant de manière plus précise les monnaies seigneuriales. De l’avènement de Philippe Auguste (1180) à la fin du règne de Philippe le Bel (1314), l’usage des monnaies seigneuriales diminue significativement, tandis que les monnaies royales les remplacent, aidées par des lois édictées en ce sens et tandis que le domaine royal s’agrandit toujours davantage. La plupart des monnaies seigneuriales, ecclésiastiques ou bourgeoises s’éteignent à cette époque. Les dernières cesseront d’avoir cours pendant la première moitié du XIVème siècle.

De plus, la centralisation de la monnaie autour du denier cesse à partir de 1263, époque à laquelle Saint Louis introduit le gros tournoi à son retour de croisade.

Gros tournoi - Saint Louis - XIIIème siècle

Gros tournoi de Saint Louis (XIIIème siècle)

Ces pièces étaient en argent, pesait environ 4 grammes et valaient 12 deniers. Philippe le Bel développe ensuite un système monétaire complexe, utilisant de nombreuses pièces différentes en or, argent ou billion, qui seront utilisées tout au long du XIVème siècle.

La guerre de Cent Ans affaiblit considérablement le pouvoir royal, qui dut parfois dévaluer sa monnaie, mais cela ne permit jamais aux monnaies locales de retrouver leur vigueur d’antan. A la fin de la guerre, le pouvoir royal se trouve considérablement renforcé par l’expulsion des Anglais de France, et le roi Louis XI dispose d’un quasi monopole sur la frappe de monnaie, malgré quelques exceptions notables. L’époque des monnaies féodales est révolue.


Pièces de Monnaies de Monaco

L’état monégasque, deuxième plus petit pays du monde après le Vatican, est un État souverain depuis sa fondation au XIVème siècle, malgré quelques péripéties pendant la Révolution. Il a donc le droit de battre sa propre monnaie.

Etant donné sa très faible superficie et son enclavement, les monnaies de monaco, tout comme les monnaies du Vatican, sont liées à la monnaie de l’état qui l’enclave – la France – et sont émises à un très faible nombre d’exemplaires. Mais contrairement au Vatican, les pièces ne sont pas émises qu’à l’intention des collectionneurs, et un certain nombre sont mises en circulation. Mais les collectionneurs recherchent avant tout les pièces "Fleur de Coin" ou "Belle épreuve" vendus en coffret.

Monaco a commencé à frapper ses propres pièces en 1837, sous forme de décimes, puis de centimes. Depuis ce temps, dans l’immense majorité des cas c’est le prince régnant qui est représenté sur les pièces. Lors de la mort du prince et de la prise de fonction du prince héritier, les pièces sont changées. Jusqu’en 2002, la monnaie officielle était le franc Monégasque, qui était lié au franc Français avec un ratio de 1. Un franc Monégasque valait donc Un franc Français, les monnaies étaient très facilement échangeables, le franc Monégasque avait même cours légal en France et en Andorre – et évidemment à Monaco même. Le franc Monégasque a donc subit la même ré-évaluation que le nouveau Franc en 1960. En général, les francs Monégasques étaient de la même taille et du même poids que leurs équivalents Français

 

Franc Monégasque - 1976 - prince Rainier III - face Franc Monégasque - 1976 - prince Rainier III - pile

Franc Monégasque de 1976 représentant le prince Rainier III

En 2002 sont introduites la première série de pièces de monnaies de Monaco en Euros, représentant les armoiries de Monaco sur les pièces de 1, 2 et 5 cents, le sceau de Monaco sur les pièces de 10, 20 et 50 cents, le prince régnant Rainier III avec son fils Albert II en arrière plan sur la pièce de 1 Euro, et le régnant Rainier III sur la pièce de 2 Euros.

Pièces de monnaies de Monaco en Euros

A la mort de Rainier III en 2005, les pièces de 10, 20 et 50 cents et les pièces de 1 et 2 Euros ont été changées.

Les pièces de monnaies de Monaco sont plus faciles à trouver que celles du Vatican, car contrairement à ces dernières, certains sont mises en circulation, en premier lieu pour la population Monégasque. Évidemment, au fur et à mesure du temps, ces pièces se diffusent lentement dans toute l’Europe, et notamment en France étant donné l’importance des échanges commerciaux avec Monaco. Il est donc tout à fait possible que vous en trouviez dans votre portefeuille un jour en revenant du supermarché, il vous faut donc être vigilant. Mais étant donné le faible nombre de pièces émises par rapport à au nombre total de pièce en Euro en circulation, on peut dire que la chance d’en trouver une est faible.

De plus, les monnaies mise en circulation sont toujours usées à un degré plus ou moins prononcé et n’ont donc pas la faveur des collectionneurs. Le mieux est donc d’acheter les coffrets vendu par la Principauté chaque année.


Pièces en Euro du Vatican

Le Vatican a signé en 2001 une convention monétaire avec l’état Italien lui accordant le droit d’utiliser l’euro comme sa propre monnaie officielle. Le Vatican étant un état souverain, il peut battre sa propre monnaie, qui en vertu des accords monétaires passés avec l’Union Européenne, a cours légal dans tous les pays de la zone Euro.

Si les pièces en euro du Vatican ont cours légal et peuvent donc être utilisées pour des dépenses courantes, il est peu probable que vous en trouviez dans votre portefeuille en revenant de l’épicier ! En effet, ces pièces sont émises en nombre limitées, dans deux coffrets contenant un exemplaire des huit types de pièces en euro, et les collectionneurs qui les achètent ne laisseraient souvent pour rien au monde quelqu’un les sortir de leur coffret, au risque de les abîmer et de diminuer ainsi leur valeur.  Ces coffrets se différencient par la qualité de frappe des pièces , la présence ou non d’une médaille en argent et la qualité du packaging :

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Pièces de Monnaies du Vatican

Pendant des siècles et jusqu’en 1870, le Vatican a émis ses propres pièces, qui sont aujourd’hui rares et très recherchées. La frappe s’est interrompue entre 1870 et 1929 à cause d’un conflit entre le Vatican et le nouvel état Italien, qui a réquisitionné de nombreux territoires du Vatican. Ce conflit s’est réglé en 1929 avec les accords de Latran.

Le Vatican est, depuis les accords de Latran  le plus petit État du monde. C’est donc un état souverain, malgré sa superficie de 0.44 km² et ces 800-900 habitants environ, et il a le droit de battre sa propre monnaie, tout comme d’émettre ses propres timbres.

Depuis 1929, le Vatican émet donc chaque année un nouvel ensemble de pièces de monnaies qui ont – sauf les pièces en or – cours légal, en Italie de 1929 à 1979, avec une valeur nominale en lires, puis dans l’Union Européenne quand le Vatican a frappé des pièces en Euro en 2000. Il y a eu une interruption dans la frappe des pièces de 1979 à 2000.

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Cotation et prix des pièces

Les prix des pièces de collection dépendent surtout de l’offre et de la demande. Lorsque les stocks de pièces ne peuvent pas s’échanger au niveau actuel des prix, les prix des pièces diminuent. Et lorsque les quantités ne peuvent plus répondre à la demande, les prix augmentent. La demande est le plus souvent établie par les collectionneurs et les investisseurs, mais le prix est la plupart du temps déterminé directement par les revendeurs. Ils doivent vendre les pièces plus chères que ce qu’ils les ont payées, afin de couvrir leurs dépenses et faire un bénéfice.

Il existe également plusieurs niveaux de prix des pièces de collection. La vente au détail fait référence aux prix que les revendeurs facturent aux collectionneurs et investisseurs. Les prix de gros sont les prix que les revendeurs se facturent entre-eux. Les collectionneurs et les investisseurs peuvent s’informer sur les prix des cours de certaines pièces, via divers catalogues, la plupart en Anglais comme le Standard Catalog Of World Coins. Il énumère les prix au détail et les prix de gros, mais les prix actuels peuvent parfois être plus ou moins élevés. Les ouvrages de références Français sont :

 

La manière dont les revendeurs tirent profit est qu’ils payent généralement moins cher leurs achats de pièces de monnaie en gros. S’ils ont besoin de vendre, les collectionneurs et les investisseurs auront du mal à récupérer leur argent. Parfois, un collectionneur peut obtenir un meilleur prix pour ses pièces de monnaie s’il évite complètement les revendeurs. Malheureusement, il n’est pas facile de trouver un autre collectionneur ou un investisseur qui recherche exactement les pièces qu’une personne souhaite vendre. Cependant, il y a des avantages à acheter des pièces de collection à un revendeur. Un revendeur renommé vous garantira l’authenticité d’une pièce qui est en vente. Il aura suffisamment de connaissances pour vous donner une opinion raisonnable sur des cotations. Un œil aguerri sera en mesure de détecter des problèmes que des personnes inexpérimentées n’auront pas vus. Les revendeurs partagent en général volontiers leur savoir avec le public, et en particulier avec leurs clients.

En plus de l’offre et de la demande, il y a plusieurs autres facteurs qui déterminent le prix d’une pièce de collection. Le facteur le plus important dans le prix est le type de la pièce elle-même. Si c’est une nouvelle pièce de monnaie, son état de conservation et sa cotation sont des facteurs principaux. De toute évidence, la date est la chose la plus importante lorsque l’on considère le prix d’une pièce ancienne. La cotation de la pièce est dans ce cas, moins importante. En plus de la date, il faut considérer sa rareté. Combien de pièces ont été frappées ? Combien de pièces sont actuellement répertoriées ?

La meilleure façon de trouver la cotation d’une pièce est de la présenter à un revendeur professionnel ou à un service professionnel de cotations. Certains revendeurs vous feront part gratuitement de leur expertise si vous cherchez à la vendre. Les services de cotations professionnelles vous factureront une somme raisonnable, mais le montant final sera également fonction du prix de votre pièce. Si vous désirez tirer un profit maximum de votre pièce de monnaie, la meilleure solution est de faire des recherches. Cela vous permettra d’obtenir des informations et de prendre une décision éclairée.


Comment détecter les fausses pièces

Bien que les pièces fausses représentent seulement un faible pourcentage du marché de la pièce de monnaie, le risque d’achat d’une fausse pièce est un vrai danger pour un amateur. La meilleure façon de vous en protéger, est de faire des recherches avant de commencer l’acquisition de pièces de monnaie valables.

Rechercher des pièces que vous allez acheter, vous aidera dans votre acquisition de différentes manières. Les collectionneurs seront en mesure de vous trouver la valeur générale d’une certaine pièce. Vous pourrez faire appel à eux, par exemple sur des forums consacrés à la numismatique, afin de déterminer si le prix est juste ou non. Par ailleurs, suivez les règles du bon sens : « si c’est trop beau pour être vrai, c’est que c’est sûrement le cas ». Ne soyez pas naïf. De plus ce n’est pas parce que la pièce est détenue par un grand bureau de cotations qu’elle est forcément véritable. La meilleure protection contre l’acquisition de fausses pièces est d’acheter à un négociant bien informé et de bonne réputation.

Parfois, la différence entre les pièces en or ou en argent véritable et les fausses pièces est évidente, surtout lorsque les pièces sont côte à côte. La qualité d’une pièce est certainement une indication de son authenticité. Les fausses pièces de monnaie peuvent paraître peu brillantes ou ternes. Parfois, la pièce peut également trop briller. Le plus souvent il y a des imperfections. Les pièces semblent avoir été coulées au lieu d’être frappées. Dupliquer une pièce de valeur se fait généralement avec une empreinte ou un moule. Prenez en compte le son de la pièce quand elle tombe ou lorsqu’elle est frappée contre une autre pièce. A-t-elle le même son qu’une véritable pièce ? De plus, les fausses pièces sont bien souvent plus légères que les pièces authentiques. Nous connaissons tous ce vieux cliché : mordre dans une pièce pour savoir si elle est authentique – bien qu’il ne soit pas recommandé de le faire, sauf si vous êtes acteur de dessins animés. La façon la plus efficace de vérifier si une pièce de monnaie est authentique ou non est de la présenter à un revendeur professionnel afin de lui faire vérifier son authenticité. Les contrefaçons de pièces de monnaie de grande valeur, seront généralement plus légères, trop épaisses ou faites à partir de mauvais matériaux comme indiqué précédemment. Du fait que les pièces soient faites à partir de mauvais matériaux, elles auront l’air fausses, sembleront fausses et sonneront complètement faux également.

Mais que faire si vous avez déjà acheté une fausse pièce? Tout d’abord, n’achetez pas une pièce tant que le vendeur ne vous en a pas garanti l’authenticité. Le plus souvent, la pièce sera fournie avec un certificat d’authenticité. Il y a également des fausses pièces renommées que quelques personnes collectionnent, compte tenu probablement de la réputation qui leur est affectée. Si quelqu’un investit son temps, son énergie, son argent dans l’achat de presses modernes, pour la fabrication de contrefaçons extrêmement réalistes, il peut alors produire des copies véritablement convaincantes. Néanmoins, le collectionneur moyen entre rarement en contact avec des fausses pièces. Le but de la majorité des faussaires est de produire des pièces rares et de grande valeur, que seuls quelques collectionneurs riches peuvent s’offrir.


Classement des pièces de monnaie

L’état de conservation général d’une pièce de monnaie est le plus souvent résumé par un classement. Après la rareté et la demande, l’état de conservation est vital. C’est le facteur le plus important quant à la valeur de la pièce de monnaie. Généralement, plus le rang est élevé, plus la pièce de monnaie a de la valeur. Puisqu’il y a toujours des exceptions à cette généralisation, les collectionneurs ont créé des systèmes permettant de décrire l’état de conservation général des pièces de monnaie.

Certaines caractéristiques d’une pièce de monnaie influencent son classement. Par exemple, l’état de sa surface, sa frappe, l’apparence à l’œil nu et son lustre sont autant de facteurs pour la détermination de son classement, pour le chiffrage du rang de la pièce. S’il manque une de ces qualités, le rang et la valeur de la pièce diminuent. Le plus souvent, les différences de qualité parmi les pièces sont si subtiles, voire à peine perceptibles, qu’elles requièrent un œil avisé capable de donner une évaluation. Même les experts assigneront de façon légèrement différente la même pièce, laissant le classement final dans les mains de l’opinion.

Bien que le talent et l’expérience soient nécessaires pour classer précisément une pièce de monnaie sur une base cohérente, les débutants peuvent se rapprocher approximativement de son classement avec un simple guide.

Le système de notation Américain va, de la moins belle à la plus belle, de Fair (Fr), Almost Good (AG), Good (G), Very Good (VG), Fine (F), Very Fine (VF), Extra Fine (EF or XF), Almost Uncirculated (AU), Uncirculated (Unc) jusqu’à Beautiful Uncirculated (BU). Le système numérique des 70 points de l’Association Numismatique Américaine – ou "échelle de Sheldon" -  est également souvent utilisé pour déterminer le grade d’une pièce.

"Beautiful Uncirculated " ou  "Belle pièce Non mise en circulation" est le plus haut degré donné à une pièce de monnaie. Cela peut faire référence à la monnaie frappée dans un état. 60 est le degré le plus bas donné à une pièce de monnaie non mise en circulation ou pièce d’essai. A ce niveau, il n’y a pas de trace d’usure, mais la pièce peut montrer quelques marques, ou sa surface peut être tâchée, elle peut manquer de lustre également. Une pièce non mise en circulation d’un degré 70 est en parfait état de conservation sans aucune trace d’usure ni de rayure, ou aucune preuve de maniement ou contact avec les autres pièces. L’essai est également un très haut degré de qualité pour une pièce de monnaie. Mais cela fait référence à la méthode de fabrication et ce n’est pas un état. C’est une pièce faite spécialement, qui se distingue par ses détails pointus et qui a généralement une surface lisse comme un miroir.

Le choix concernant une pièce "Uncirculated " – "non mise en circulation" – ou AU-55 fait référence à une pièce qui a moins d’une trace d’usure sur les plus hauts points de sa conception, n’a aucun autre défaut, et a encore la majorité de son lustre. Concernant la catégorie "Almost Uncirculated " ou "Presque non mise en circulation", AU-55, la pièce a au moins la moitié de son lustre original mais a des traces d’usure sur la plus grande partie de sa surface. "Very Fine" ou "Extrêmement bien", une pièce de la catégorie EF-40, a des traces d’usure perceptibles mais garde ses caractéristiques tranchantes.

En France, les degrés des pièces de monnaie sont moins nombreux et vont, de la plus belle à la moins belle, de Fleur de Coin (FDC), Splendide (SPL), Superbe (SUP), Très Très Beau (TTB), Très Beau (TB), Beau (B) à Médiocre (M).

N’importe quel dommage causé comme les trous, les bords cabossés, les réparations, le nettoyage, le re-gravage ou les marquages peuvent réduire radicalement le degré et donc la valeur d’une pièce. Les pièces sont quelquefois nettoyées ou polies, dans une tentative de les faire passer pour appartenant aux plus hauts degrés ou comme pièces d’essais non mises en circulation. Les pièces nettoyées peuvent voir leur valeur et leur degré diminués substantiellement.

Lorsqu’il y a une différence importante entre le revers et l’avers d’une pièce de monnaie, un degré intermédiaire peut être assigné. Les degrés intermédiaires sont indiqués par le symbole "/" noté entre le symbole du classement. Par exemple, "AU/EF" signifie qu’une face est AU et que la seconde face est EF.


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